Au pied de la lettre
« J’aime la littérature quand elle met des claques, quand elle montre son côté animal, sans fioriture. Pas vulgaire ni salace, juste franche. » Oui, Sébastien Meyer se plaît dans les phrases courtes et les formules coup de poing (ou coup de point, c’est selon). Signé Thomas Adrien en devient parfois stroboscopique à l’excès, et navigue à l’éblouissement plutôt qu’à la longue-vue. Mais derrière cette urgence verbale, il y a un vrai désir, celui de faire entendre une génération nerveuse et annihilée, élevée au béton armé et aux basses fréquences. Et la réconcilier, peut-être, avec la nécessité de l’écrit, du mot qui bouscule, de la phrase qui porte.
« J’avais envie de promouvoir une littérature plus engagée, plus neuve. Je trouve la culture en Suisse romande molle et timide. » Dont acte : le jeune homme vient de lancer Paulette, sa propre maison d’édition, qui dédiera son champ de publication aux jeunes auteurs régionaux, « mais pas que ». Aux côtés de Signé Thomas Adrien, le deuxième volume paru chez Paulette se consacre à plusieurs textes d’écrivains en bourgeon. Nouvelles Mélodies chante des mélopées inégales, entre mascarade de la séduction au boulot, fable de l’hypocrisie familiale et virée romantico-sexuelle dans un sous-sol de filles fatales. Bien sûr, l’écriture sonne vert – les auteurs ont tous entre 19 et 21 ans. Mais à toute récolte, son semis de printemps ; vivement les vendanges d’automne...
Sébastien Meyer, « Signé Thomas Adrien »
Photo: Carine Roth arkive.ch
Tags: Littérature, Vaud (voir l'index)








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