Couples binationaux: la directive qui change tout
Que dit la directive?
Selon la directive 557 révisée «le partenaire dun ressortissant suisse ou dun étranger ayant un droit de résidence durable peut se prévaloir dun droit de séjour lorsque:
- lexistence dune relation stable dune certaine durée est démontrée;
- lintensité de la relation est confirmée par dautres éléments tels que:
- une convention entre concubins réglant la manière et létendue dune prise en charge des devoirs dassistance (par exemple, contrat de partenariat, enregistrement selon le droit étranger ou cantonal),
- la volonté et la capacité du partenaire étranger à sintégrer dans le pays daccueil,
- le degré dacceptation du partenariat par les membres de la famille, les amis et lentourage du requérant;
- il est inexigible pour le partenaire étranger de vivre la relation à létranger ou dans le cadre de séjours touristiques, non soumis à autorisation;
- le couple vit ensemble en Suisse;
- il nexiste aucune violation de lordre public (par analogie à lart. 17, al. 2 LSEE).»
On le voit, les directives fédérales sont donc assez floues (cf. «une certaine durée») et soumises à interprétation. Résultat et bonne surprise: la moitié des cantons romands demandent moins de 2 ans de relation pour attribuer un permis de séjour aux partenaires non suisses. Reste tout de même de grandes disparités de pratiques selon le canton où lon réside.
Les plus ouverts: Genève, Jura, Vaud
Genève et Vaud ont été les seuls à avoir pu nous renseigner immédiatement avec précision: normal, puisque 90% de couples se trouvant dans cette situation sont recensés dans la région lémanique! A Genève, le sérieux de la relation si possible confirmé par un PaCS prime. Des durées même courtes une année et demie, voire moins sont prises en compte. Idem ou presque en terre vaudoise, où lon parle de 2 ans minimum, tout en admettant entrer en matière à moins, «mais une durée dune année aurait peu de chance». Le Jura est très souple: «On commence à parler de concubinage à partir dune année et demie: pourquoi en irait-il autrement pour des couples de même sexe!». Neuchâtel, un peu plus timide, exige «un minimum de 2 ans de vie commune» en spécifiant quil y a «très peu de demandes de ce genre et elles sont analysées de cas en cas».
Encore plus frileux, Fribourg se refuse à articuler des chiffres, déclarant «appliquer les directives à la lettre». Plus fermé encore, le Valais, où lon estime que «la durée de 4 ans spécifiée dans la directive précédente ne paraissant pas arbitraire, son adaptation ne change pas grandchose».
Berne, canton bilingue, est le plus fidèle à la directive fédérale. Selon M. Schneeberger, le Chef des Services de Migrations du canton, «ce qui est décisif, cest que le couple désire vraiment vivre ensemble en Suisse comme un couple marié et non pas comme de simples amis ou frères et surs. Ainsi, même si un Suisse a vécu 6 mois avec son partenaire étranger en Amérique latine et quil doit revenir à Berne, nous donnerions le permis à son partenaire si nous sommes convaincus du sérieux de la relation.»
Un bon conseil: demandez lavis de vos associations; en cas de refus de la part de votre canton, un recours devant le tribunal administratif cantonal aurait toutes les chances dêtre payant. Et ce dautant plus que le partenariat fédéral devrait prendre le relais dans une année ou deux!
Depuis mars, la permanence juridique dEspace 360 prend en charge gratuitement les dossiers des couples binationaux qui veulent tenter la démarche, ce au 022 7 320 360.
On peut également appeler la permanence de lassociation lesbienne Lestime au 022 797 27 14












